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J’ai testé pour vous : Un vol de dinguo vers le Vietnam

Voyageurs endormis à CDG - YB

Non, je n’exagère rien ! Je vous livre LA vérité, toute la vérité et rien que la vérité. J’ai vécu 11 heures de dinguo dans un avion Vietnam Airlines à destination de Hanoi. Récit ma (petite) aventure.

Je ne suis pas tombé de la dernière pluie, mais celle-là on peut dire qu’elle m’a rincé ! Une histoire de fou ! Une vraie. Une de celles que quand on te la raconte, tu te dis : « il déraille à plein tube le mec. Il écrit le roman de sa vie ».

Ben non ! Là, c’est du vrai, du vécu.

Alors commençons le récit. Ce 9 juin 2010, à 14h00, je m’embarque à bord du Triple 7 de Vietnam Airlines qui assure la liaison entre Paris CDG et Hanoi. Je m’assois dans la partie centrale de l’appareil. À ma gauche, le couloir. À ma droite, un siège vide, puis un lointain voisin. Nous l’appellerons Michaël.

L’avion décolle, atteint son palier. Les hôtesses et stewards s’activent à préparer le déjeuner qui va nous être servi dans quelques instants. J’en profite pour lier connaissance avec Michaël, la cinquantaine, qui s’apprête à rejoindre Hô-Chi-Minh-Ville pour se marier avec une jeune vietnamienne. L’histoire n’est pas banale mais elle relève de sa vie privée. Je ne m’y attarderai donc pas. Pourtant il y en aurait déjà des choses à raconter…  

Et voilà que Michaël hèle une hôtesse et réclame 2 sandwichs. Celle-ci prétexte qu’elle s’apprête à lui servir à manger. Michaël insiste :

« Le menu que vous avez distribué signale que : des sandwiches et des nouilles sont à votre disposition pendant tout le vol. Eh bien, j’en veux deux, maintenant ! ».

L’hôtesse rechigne mais s’exécute. Deux minutes plus tard, elle lui sert son dîner. Tout s’accélère.

Alors que ses collègues arpentent les couloirs pour distribuer les boissons, Michaël leur dérobe discrètement une, puis 2, 3, 4, 5 bières. Il réclame un verre de blanc, puis un autre de mon côté, encore un autre du sien. En moins d’une demi-heure, notre homme ingurgite 4 ou 5 verres de blanc, 3 bières, et s’apprêtent à dégoupiller la quatrième.

Les plateaux sont débarrassés. Il est 17h00. Nous volons depuis 2 heures et demie. Michaël se tourne vers moi : « On va fumer une clope ? »

Je réponds par une boutade : « Sur le balcon ou sur l’aile ? ».

« Non, aux toilettes ! ».

Le voilà qui se lève. Et revient 5 minutes plus tard. Il empeste le tabac. Un quart d’heure passe, il va s’en griller une deuxième dans une autre partie de l’appareil. Et il s’enfile une bière, puis une autre. On discute. L’ambiance monte comme son taux d’alcoolémie et ses délires éthyliques.

Phantasms Airways, la compagnie de toutes vos désirs !

Il me parle de son nouveau projet : Lancer une compagnie aérienne qui autoriserait tout ce qui est interdit ailleurs. Comme fumer, par exemple. Un concept d’enfer. La réussite assurée ! Il veut contacter le patron de Virgin et celui de Ryanair. Il ne les connaît pas. Pas grave, seule la motivation compte ! Il a déjà trouvé un nom : Phantasms Airways, si vous voyez le tableau. À bord : salons privatifs, sauna et lieux coquins.

Puis, Michaël va fumer une troisième clope. Dans son sillage, quand il revient, toujours cette odeur âcre et écœurante de tabac (même pour moi qui suis fumeur). Je me demande comment il ne s’est pas encore fait gauler.

Sa technique ? Sortir des toilettes en râlant, l’air offusqué : « Il y a une personne qui a fumé avant moi. C’est dégueulasse ! », pour se disculper aux yeux de celles et ceux qui attendent.

Il me parle de tout… et de n’importe quoi. Baratineur de première, mythomane, affabulateur, je ne sais plus dans quelle case le classer. Toutes ?

Il parle beaucoup ; il parle trop. Il me saoule plus sûrement qu’un litre de gros rouge qui tache. Mais il ne fait pas que parler, il agit aussi !

« Tu veux t’allonger ? », m’interroge Michaël.

« Comment veux-tu ? Il n’y a que deux sièges dispos », que je lui réponds.

« Non, tu vas en avoir trois. Moi, je vais m’installer en Première ».

Toi, tu restes ici. Moi, je file en Première !

Ni une ni deux, mon « camarade » file en tête d’appareil. Moi, je m’étale de tout mon long sur les trois sièges promis. Je n’ai pourtant pas sommeil (il n’est que 18h00), mais l’avion est plongé dans le noir.

Dans la partie que j’occupe (et quasiment dans la totalité de l’appareil), les éclairages individuels ne fonctionnent pas, pas plus que l’offre de divertissements (films, musiques…), en dehors des jeux (genre poker). Merci Vietnam Airlines (1). J’hallucine ! Quelques courageux essaient tant bien que mal de lire ou de faire des mots fléchés à la lumière blafarde du petit écran vidéo situé devant eux. Michaël, lui, revient régulièrement me voir, un verre de champagne ou de whisky à main. Il encaisse bien l’alcool. Faut lui reconnaître ce talent.

Il a trouvé un siège disponible au rang 2 de l’appareil, en Business, continue à s’abreuver aux frais de la princesse et à fumer ses clopes (une tous les 1/4 d’heures). Et il bouffe sandwich sur sandwich, bol de nouilles sur bol de nouilles.

Moi, je somnole puis m’assoupis quelques instants, en chien de fusil, quand soudain, on me tape à l’épaule. Aussitôt j’imagine que c’est Michaël qui s’est fait virer de la Business et qui réintègre sa place. Je me relève et un mec vient s’avachir sur la place de Michaël. Un mec bourré comme une cantine. Il s’endort instantanément, la bouche ouverte, le corps secoué de spasmes bizarres. Il me balance de furieux coups de pied dans les jambes. Je le secoue, lui signale qu’il n’a rien à faire ici. Il entrouvre un œil et sombre de nouveau.

J’attends un peu… quand passe sur ma gauche un mec barbu qui traîne derrière lui une odeur de tabac. Mais ce n’est pas «mon Michaël», c’en est un autre. Quelques personnes grommellent tellement ça chlingue dans la carlingue.

Tiens, justement, voilà «mon Michaël» qui rapplique. Comment va-t-il réagir à la vue de l’autre zouave qui occupe son siège ?

« Qu’est-ce qu’il fout celui-là ? »

« Il est bourré. Il s'est avachi ici », je lui réponds.

« Attends, je reviens », m’annonce Michaël.

Il va fumer son douzième clope. L’avion est toujours plongé dans l’obscurité. Il est 21h30. Les passagers somnolent. D’autres dorment pour de bon. Michaël revient, empoigne le mec bourré par l’épaule, lui intime l’ordre de dégager. Il lui parle comme on parlerait à un clochard : « Fous le camp d’ici toi. Gicle ! J’veux pas te voir ». L’autre épave dégage vite fait car le Michaël est un balèze.

« J’m’emmerde trop en Première. Je viens causer avec toi ! », qu’il me sort. C’est trop d’honneur ! Mais je ne peux pas m’échapper, il n’y a pas de place dispo dans le zingue.

Moi, je les emmerde les compagnies aériennes !

Voilà «le Michaël» qui ne me lâche plus avec son pote Goldman (Jean-Jacques), son ex-grand copain Gainsbourg, son mariage avec cette jeune vietnamienne qu’il connaît à peine, ses origines diverses, les femmes de sa vie, sa nationalité française, puis belge, puis on ne sait plus… Son billet acheté sur le Web, au dernier moment parce que :

« Moi je les emmerde les compagnies aériennes et les agences de voyages. Je pars quand je veux, quand c’est moins cher. Tiens, mon aller/retour Paris/Hô-Chi-Minh-Ville, avec changement à Hanoi : 750 € ! Je l’ai acheté hier. Un billet comme ça, ça vaut 1.100 € minimum. En plus, je m’offre la Première, le Champagne et les clopes ! ».

Le jour se lève. On atterrit dans 2 heures. Le temps pour Michaël de s’envoyer 2 bières (tirées de ses réserves) et le petit-déjeuner qui suit. Le temps aussi pour un steward de le menacer d’une intervention policière à l’arrivée parce qu’il n’a pas arrêté de fumer pendant tout le vol (le personnel de bord l’a enfin identifié). Lui nie avec un aplomb insolant !

Le steward constate que ses habits et son haleine empestent le tabac. Mais rien n’a faire, Michaël n’en démord pas : « C’est pas Môa le fumeur ! ».

Puis, une hôtesse vient le sermonner pour son occupation illicite d’un siège Business. Il nie. Affirme que ce n’est pas lui non plus !

Michaël n’a rien d’un voyou ou d’une racaille. C’est un type plutôt soigné, la cinquantaine dégarnie, avec des lunettes d’intello. Genre cadre moyen en vacances, pantacourt beige et polo bleu marine. Look cool.

Il se retourne vers moi, l’air indigné :

« Putain, sur Vietnam Airlines, ils sont pas commodes. Avant sur les compagnies, y’avait des belles nénettes, aimables, souriantes. Aujourd’hui, elles sont toutes moches et désagréables. Et t’as vu la gueule des mecs ? ».

Moralité : La prochaine fois que vous embarquez dans un avion, prenez vos précautions. Genre : tube de somnifères à verser discrètement dans une canette de bière, si vous voyez le stratagème.

En plus, il m’a trouvé super sympa le Michaël. Il m’a donné ses coordonnées mail, téléphone, Facebook, YouTube, Wikipédia… Il paraît que tout le monde parle de lui sur le Web.

Avec Tourmag (2) et TopTrip, ça en fait deux de plus !

Texte & Photos : Yves Barraud

(1) L’anecdote date de juin 2010.

(2) Cet article a été publié sur Tourmag le 18 juin 2010. Il a été consulté plus de 34.000 fois (un record d’audience pour ce site professionnel).

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